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Derrière ces néo-classiques se cache une longue histoire, la GT 1000 et la Bonneville sont les deux fiertés du marché européen, deux vieilles gloires de Ducati et Triumph avant la conquête des japonais.
Au début des années 70, Ducati s'est trouvé dans l'obligation de réaliser une 750 pour contrer l'industrie nippone, la Ducati 750 GT équipée d'un moteur en V à 90º ; toute une révolution. Cette structure en V à 90º, qui a été conservée dans la gamme Ducati et aussi sur cette GT 1000, favorisait la nouvelle disposition des cylindres.
Triumph a présenté sa première Bonneville en version 750 au salon IFMA de Cologne de 1972. C'était alors le seul salon dédié exclusivement à la moto durant lequel Kawasaki présentait la Z1 900 au moteur de 4 cylindres pour rivaliser avec la CB 750 de Honda sortie en 1969.
Ducati et Triumph relancent aujourd'hui une nouvelle version de leurs motos les plus emblématiques qui ont jadis tenté de faire face aux japonaises.
| Type | Ducati GT 1000 | Triumph Bonneville |
|---|---|---|
| Marque | Ducati | Triumph |
| Modèle | GT 1000 | Bonneville |
| Année | 2009 | 2009 |
| Moteur | Desmo 4 temps, bicylindre en V à 90º, refroidi par air | Bicylindre, 4 temps, 4 soupapes, refroidi par air |
| Cylindrée | 992 cm³ | 865 cm³ |
| Alésage x course | 94 x 71,5 mm x 2 | 90 x 68 mm x |
| Compression | 10:1 | 9,2:1 |
| Puissance | 992 ch | 68 ch |
| Couple | 9,30 kgm | 7,04 kgm |
| Alimentation | Injection électronique de 45 mm | Injection électronique multipoint, SAI, de 36,5 mm |
| Allumage | Electronique digital CDI | Electronique digital CDI |
| Démarreur | Moteur électrique | Moteur électrique |
| Embrayage | Multidisque en bain d´huile | Multidisque en bain d´huile |
| Boîte de vitesses | 6 rapports | 5 rapports |
| Transmission finale | Par chaîne | Par chaîne |
| Cadre | Treillis tubulaire en CrMo | Double berceau en acier |
| Fourche | Double bras en acier | Double bras en acier |
| Châsse et angle de châsse | 24° | 28° et 110 mm |
| Suspension avant | Fourche inversée Marzocchi de 43/120 mm | Fourche téléhydraulique Kayaba de 41/120 mm |
| Suspension arrière | 2 amortisseurs hydrauliques de 130 mm, ajustables en précharge | 2 amortisseurs hydrauliques Kayaba de 106 mm, réglables en précharge |
| Frein avant | 2 disques de 320 mm, étriers 2 piston | 1 disque de 310 mm étriers 2 pistons |
| Pneumatiques | 120/70 ZR 17 et 180/55 ZR 17 | 100/90 x 17 et 130/80 x 17 |
| Poids à sec | 185 kg | 205 kg |
| Longueur totale | 2.180 mm | 2.230 mm |
| Empattement | 1.425 mm | 1.500 mm |
| Hauteur de selle | 828 mm | 736 mm |
| Capacité réservoir | 15 l | 16 l |
| Prix | 10.995 € | 8.590 € |
| Garantie | 2 ans pièces et main d´oeuvre | 2 ans pièces et main d´oeuvre |
| Importateur | Ducati | Triumph |
La GT 1000 et la Bonneville font revivre les modèles du passé. Tous les détails, le moteur, les logos sur le réservoir, la selle, etc, sont un reflet des prédécesseurs d'il y a trente ou quarante ans.
Ces deux classiques offrent toute la saveur du passé mais avec la technologie moderne. Malgré cela, leurs caractères sont différents, voir même presque opposées.
La Triumph est plus fidèle au passée, moins sportive que la Ducati et moins équipée d'éléments modernes. Sa fourche n'est pas inversée comme sur la GT et le système de frein de la Bonneville comporte un disque avant de 310 mm alors que la Ducati est équipée d'un double disque avant de 320 mm.
Les pneus de la GT 1000 sont plus larges, ce qui favorise une conduite sportive. La distance libre au sol est meilleure sur la Ducati car sur la Triumph les échappements, qui imitent les peas shooter classiques de la britannique des années 60 sont placés horizontalement et très bas.
La position de conduite de la Ducati est très différente que sur la Triumph. Cette dernière est plus basse et possède une selle plus fine, un réservoir plus court et un guidon deux fois plus haut et plus large, ce qui la rend moins agressive. La Ducati est plus haute, plus large et plus sportive et son guidon plus plat. Elles sont toute deux confortable, mais la Triumph est plus accessible.
La Ducati est une moto ayant de brillantes performances, qui cache derrière son aspect néoclassique un comportement très équilibré. Il est d'ailleurs étonnant que cette GT inspirée des années 70 soit plus fonctionnelle que toute la gamme des Monster...
La GT hérite du cadre treillis tubulaire de la série Sport Classic, mais à la différence de celles-ci, un nouveau bras oscillant a été adopté pour pouvoir l'équiper de deux amortisseurs Sachs.
Sur la Triumph, le cadre est plus simple (un double berceau en acier) et la moto dans son intégralité est plus basique ce qui se répercute, logiquement, sur le prix final. Par exemple, sur la Ducati la fourche avant est une Marzocchi inversée avec des tubes de 43 mm de diamètre qui contrastent avec la simplicité de la suspension de la Bonneville.
En ce qui concerne le moteur, celui de la Ducati est en V à 90ºet délivre 88 ch à 8000 tr/min. La Triumph maintient son bicylindre de 865 cc qui est capable de délivrer 69 chevaux de puissance.
Sans être aussi rapide dans les changements de direction que la Monster, cette Ducati entre bien en virage et sa géométrie est très rationnelle. Les géométries de la Triumph, la plus grande distance entre ses axes et ses 34 kilos en plus ne lui permette pas autant d'aisance pour entrer dans les virages.
Pour résumer, ce sont deux motos nées pour tenter de freiner l'inévitable arrivée des japonaises mais cependant très différentes.

La Ducati se présente comme une Sport d'aspect rétro qui pourrait affronter plus d'une naked de 2007. Idéale pour ceux qui apprécient le feeling des motos italiennes et cette esthétique qui revient à la mode.
La Triumph est plus limitée en termes de performances et utilisation sportive, mais c'est un véritable plaisir de se balader à son guidon avec tout le glamour et le ronronnement qu'elle dégage de son petit bicylindre vertical.
La différence de prix entre l'une et l'autre est considérable et le concept aussi, mais elles partagent toutes deux la saveur des motos des années 70 et une longue histoire...
Álex Medina
Photos: Xavier Pladellorens et Santi Díaz
Avec la collaboration de Jordi Esteve
Traduit et adapté par Gaela Le Janne